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Wido Bourel

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Flamand et néerlandais

Flamand et néerlandais, c’est tout un

SOS Blootland boycotte le néerlandais

Le journaliste Louis Nam, publie dans le « Journal des Flandres », un article intitulé « Le flamand, une langue vivante défendue par l’association SOS Blootland ». D’abord, il faut saluer le travail de toutes celles et ceux qui œuvrent à la défense et à la promotion de notre langue régionale, ainsi que l’intérêt que leur portee la presse locale.

Cependant, certains propos tenus dans cet article par les représentants de l’association SOS Blootland contiennent plusieurs inexactitudes et imprécisions qu’il convient de corriger.

  • Affirmer que « le flamand occidental est une langue germanique cousine de l’anglais, de l’allemand et du néerlandais » est inexact d’un point de vue linguistique. Le flamand occidental n’est pas simplement « cousin » du néerlandais comme le seraient l’anglais ou l’allemand. Le lien de parenté est beaucoup plus étroit, car notre flamand constitue une composante régionale historique du néerlandais. En d’autres termes : flamand et néerlandais, c’est tout un.
  • Affirmer que le flamand occidental « est la même langue qu’en Flandre occidentale belge, exactement la même » est une demi-vérité. Si le flamand parlé dans le Westhoek français est en ligne avec le dialecte west-flamand de la zone frontalière en Flandre belge, cette situation se dégrade rapidement en s’éloignant de la frontière. J’invite les flamandophones de SOS Blootland à venir converser à Roulers (Roeselare) ou à Waregem, villes de Flandre occidentale, et à me prouver combien de minutes ils pourraient dialoguer avec les autochtones dans le flamand qu’ils enseignent, avant de passer au français. Le flamand du Westhoek tel qu’il est enseigné et parlé actuellement par les Flamands de France ne permet même pas la compréhension mutuelle avec la majorité des habitants de la province de Flandre occidentale.
  • Deuxième demi-vérité : SOS Blootland oublie de préciser que le flamand parlé en Flandre occidentale belge relève principalement de la tradition orale locale. Comme dans tous les pays germaniques, la langue standard écrite, apprise dans les écoles, ainsi que la langue de l’audiovisuel, des journaux et des livres, est le néerlandais standard. Celui-ci constitue la seule langue d’intercompréhension entre les différentes régions des pays néerlandophones. Ce constat n’a rien d’exceptionnel ni de récent : il est comparable à celui d’autres régions comme la Suisse alémanique, l’Autriche ou certains pays où l’on parle volontiers le dialecte local, mais où l’on passe aussi au « Schriftdeutsch », c’est-à-dire à l’allemand écrit ou standard, pour communiquer hors du cadre familial ou local. Le néerlandais est la langue écrite et la langue d’intercompréhension, tandis que les dialectes flamands, brabançons ou limbourgeois sont utilisés principalement dans la communication orale à l’échelle régionale ou familiale.
  • Affirmer que « beaucoup savent parler le flamand mais pas l’écrire » soulève une question sur la signification de « beaucoup » pour SOS Blootland. S’ils ne savent pas écrire le flamand occidental, c’est simplement parce que cette langue est principalement orale. La variante écrite a toujours été le néerlandais, depuis l’invention de l’imprimerie par Gutenberg. La langue écrite de nos archives et publications des siècles passés est presque toujours du néerlandais, avec parfois des formulations régionales. La lecture des travaux de spécialistes comme Cyriel Moeyaert, Hugo Ryckeboer ou Frans Debrabandere en témoigne.
  • Affirmer aussi que « l’apprentissage du flamand occidental facilite l’apprentissage de l’anglais et de l’allemand » est une vérité partielle. Omettre de mentionner le néerlandais dans cette énumération relève de la désinformation ou de la bêtise.
  • En conclusion, abordons cette dernière assertion : peut-on, je cite, « favoriser les échanges transfrontaliers dans une région tournée vers la Belgique et les Pays-Bas » ? Le flamand occidental permet, avec beaucoup de bonne volonté, de se comprendre oralement dans une zone transfrontalière limitée à quelques kilomètres de la frontière. Il suffira pour commander une bière au café du coin ou de commenter le temps qu’il fait. C’est tout. La langue qu’il faut apprendre pour communiquer, vivre et travailler en Flandre belge ou aux Pays-Bas, c’est le néerlandais. Je crois être bien placé pour le dire, puisque j’y vis depuis cinquante ans. Prouver que la langue « peut encore rassembler », pour reprendre l’expression de Marie-Christine Lambrecht de SOS Blootland, consiste aussi à apprendre la langue du plus grand dénominateur commun : le néerlandais.

Pour terminer, je rappelle que, avec mon ami Jean-Paul Sepieter, j’ai été l’un des initiateurs du slogan « T is schoon Vlaamsch te klapp’n » et de l’autocollant « Notre flamand est un dialecte du néerlandais, langue de 25 millions d’Européens ». Je n’ai donc rien contre un enseignement de la langue régionale flamande, à condition qu’il soit associé à l’apprentissage indispensable du néerlandais

Gepubliceerd

11.09.2025

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