Op de webstek De Lage Landen van deze maand lees ik een artikel van Lotte Jensen. Zij is cultuurhistorica en hoogleraar Nederlandse literatuur. Dit jaar bekleedt ze de Isabelle de Charrière Leerstoel aan de Rijselse Universiteit.
Lotte stelt vragen over het begrip ‘denker der Nederlanden’. Ze vraagt zich af of België ook bij de Nederlanden hoort. Dit naar aanleiding van de benoeming van auteur David Van Reybrouck als opperdenker van de Nederlanden. Deze eretitel wordt jaarlijks verleend door de ‘Maand van de Filosofie’, een Nederlandse stichting, in samenwerking met Filosofie Magazine en het dagblad Trouw.
Lotte heeft een probleem met de suggestie dat België vanzelfsprekend onderdeel van de Nederlanden is. Ze kan zich nog net terugvinden in ‘De Lage Landen’, maar niet in ‘de Nederlanden’. Het feit dat dit artikel verschijnt in een tijdschrift dat De Lage Landen heet, erfgename van Ons Erfdeel, is opmerkelijk. Plotseling zoekt een halve eeuw Vlaams-Nederlands cultuurpolitiek naar een nieuw vaderland.
Cultuurgoeroe Jozef Deleu heeft decennia lang de culturele samenwerking tussen Vlaanderen en Nederland belichaamd. Dit deed hij met diplomatieke voorzichtigheid, eigen aan de culturele intelligentsia. Jarenlang publiceerde zijn stichting een jaarboek met de titel De Franse Nederlanden, wat precies verwijst naar de, volgens Lotte, onbestaande Nederlanden ‘extra muros’.
Lotte Jensen benadrukt in haar artikel de historisch onjuiste gedachte dat het begrip “Nederlanden” een “Hollands” patent zou hebben. Ze voegt eraan toe: ‘Ik dacht dat de periode van de Zeventien Provinciën (1543-1585) en het Verenigde Koninkrijk der Nederlanden (1815-1830) al weer ver achter ons lagen.’
Na dit te hebben gelezen, was ik benieuwd naar de definitie van “De Nederlanden” op internet. Ik raadpleegde Wikipedia en las: “De Nederlanden of De Lage Landen is een regio in Noordwest-Europa die ongeveer overeenkomt met de huidige Benelux (België, Nederland en Luxemburg) en de Franse departementen Nord, Pas-de-Calais, het graafschap Artesië en Picardië ten noorden van de Somme.”
Volgens Wikipedia lopen de Nederlanden dus vandaag over vier landen tot aan de Somme. Verder las ik: “Vanaf de zestiende eeuw werd de Lage Landen een gangbare benaming voor de Nederlandse gewesten, ook wel aangeduid als Vlaanderen, Nederlanden, België en Pays-Bas.”
Het is voldoende om enkele historische kaarten en boeken te raadplegen. Dan blijkt dat er meer “Nederlanden” zijn geweest dan alleen de Zeventien Provinciën en de Verenigde Nederlanden onder Willem I. Het begrip ‘Nederlanden’ dekt uiteraard meer dan het huidige Nederland. Hier is een niet-uitputtende opsomming:
Moet er nog meer “Nederlanden” zijn? Dan voeg ik het concept van de Benelux toe aan de lijst!
Ik laat mijn lezers mijn commentaar over het nut van het bekronen van mediafiguren als dichters en denkers van het vaderland besparen. Maar dat de redactie van De Lage Landen zo’n stuk publiceert is, als je het mij vraagt, een zielige afgang na een halve eeuw cultuurwerk van de Stichting.
Wido Bourel
PS: Tenslotte nog een bericht voor Lotte: Op uw webpagina lees ik over de gastcolleges die u geeft aan de ‘Université de Lille (Frankrijk)’. Lille, beste Lotte, heet in het Nederlands Rijsel. Dat is altijd zo geweest. Rijsel lag vroeger in de … Nederlanden en ligt nog steeds in een streek die de Fransen ook Pays-Bas français noemen, oftewel de Franse Nederlanden of Nederlanden in Frankrijk.
* “Denker der Nederlanden, hoort België daar dan ook bij”. Artikel van Lotte Jensen verschenen op 9 april 2025 op de webstek De Lage Landen
19.04.2025
Lisez aussi cet article sur les plats pays: https://www.les-plats-pays.com/article/le-west-flamand-est-desormais-une-langue-regionale-en-france
Depuis décembre 2021, le flamand occidental, ou west-flamand, est reconnu comme l’une des langues régionales en France et, à ce titre, il pourra y être enseigné. Wido Bourel réagit à cette reconnaissance faite au détriment du néerlandais.
En France, l’année dernière, l’approbation de la loi Molac a créé un cadre juridique pour l’enseignement et la protection des langues régionales. Mais le Conseil constitutionnel s’est empressé de censurer cette loi. Cela a mis en colère tous ceux qui s’intéressent aux langues minoritaires dans le pays. Leurs vives protestations ne pouvaient laisser plus longtemps indifférent le ministère français de l’Éducation nationale. En décembre dernier est parue une nouvelle circulaire censée apaiser les esprits.
Après avoir confirmé, ainsi que l’on s’en serait aisément douté, que «la langue de la République française est le français», la circulaire exprime la volonté de protéger et d’enseigner les langues présentes sur le territoire de l’Hexagone.
La circulaire énumère les langues régionales actuellement reconnues: le basque, le breton, le catalan, le corse, le créole, le gallo (langue régionale romane parlée dans l’est de la Bretagne), l’occitan et la langue d’oc, les langues régionales d’Alsace, les langues régionales des pays mosellans, le franco-provençal, le flamand occidental, le picard, le tahitien, les langues mélanésiennes (drehu, nengone, paicî, aijë), le wallisien et le futunien (deux langues de Nouvelle-Calédonie) ainsi que le kibushi et le kimaore (île de Mayotte).

Qu’en résulte-t-il, concrètement, pour la Flandre française? Le flamand occidental –appelons-le «west-flamand»– peut dorénavant être enseigné dans les écoles primaires et secondaires. «Peut» et non «doit», et «pour autant que» l’on trouve des enseignants.
Et où reste le néerlandais dans l’histoire? Il est paradoxal que la circulaire du ministère français de l’Éducation nationale fasse état du west-flamand en tant que nouvelle langue régionale reconnue, mais reste muette à propos du néerlandais. Comparez cette situation avec l’Alsace, où l’allemand et l’alsacien sont tous deux reconnus sous le discret manteau de «langues régionales d’Alsace». Deux poids, deux mesures: cela se dit aussi en français.
Pourtant, et contrairement à ce que certains prétendent en France, le néerlandais a toujours été présent en Flandre française, et ce, sous les deux formes: aussi bien le dialecte west-flamand parlé que le néerlandais standard écrit. C’est en tout cas certainement vrai jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le linguiste et spécialiste de la Flandre française Cyriel Moeyaert a montré dans ses très nombreuses publications que, jusqu’au début de vingtième siècle, pratiquement tous les documents écrits en Flandre française l’étaient dans un néerlandais assez correct. Une langue néerlandaise dans l’orthographe de l’époque: du néerlandais avec parfois, ici et là, un mot ou une tournure en parler régional. Mais néanmoins du néerlandais.
le néerlandais a toujours été présent en Flandre française sous deux formes: le dialecte west-flamand parlé et le néerlandais standard écrit
Comment cela s’explique-t-il? Après l’annexion par la France, la Flandre française a longtemps encore continué à faire partie de l’évêché d’Ypres. Dans différents établissements catholiques de Flandre française où se donnaient des cours de néerlandais, cela se faisait, aux XVIIIe et XIXe siècles, avec un matériel pédagogique qui était, disons, le même qu’à Ypres ou à Furnes.
Une évolution que n’a cependant pas connue la Flandre française, c’est celle qui, au cours des cent dernières années, a conduit la Flandre vers le néerlandais actuel. Dès lors, en Flandre française, la connaissance du néerlandais écrit s’est étiolée. La langue parlée, elle, a subsisté mais s’est peu à peu appauvrie, faute de bases de grammaire et de syntaxe et en raison de l’influence du français.
À partir de cette constatation, certaines associations de Flandre française ont tendance à ne retenir que le west-flamand comme langue à promouvoir. De leur point de vue, le néerlandais est une langue étrangère. Leur lobbying, avec l’aide politique et financière de la région des Hauts-de-France, a alerté les ministères de l’Hexagone.
D’où cette situation pour le moins paradoxale: le west-flamand parlé, en passe de disparaître complètement, est à présent reconnu en France comme langue régionale, tandis que le néerlandais standard n’accède pas à pareille reconnaissance alors même qu’il est enseigné à plus de 20 000 élèves.
Il est aujourd’hui demandé aux autorités régionales en matière d’éducation de faciliter entre autres l’enseignement du west-flamand à partir de la prochaine année scolaire. Mais elles peuvent, de leur propre initiative, freiner l’application de mesures non contraignantes. Ce fut déjà le cas en Bretagne, où ces instances ont manifesté dès début janvier contre l’attitude du rectorat. D’autre part, il y a gros à parier que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui s’est déclaré à plusieurs reprises adversaire de l’enseignement des langues régionales, fera tout en coulisses pour tempérer ses propres directives.
Le principal problème des défenseurs du west-flamand est de savoir qui a compétence pour enseigner cet idiome. Quasi aucune personne possédant le diplôme pédagogique requis n’a les connaissances linguistiques voulues. Il n’est pas davantage question de faire appel à des enseignants de Flandre-Occidentale, étant donné qu’il faut posséder un diplôme pédagogique français pour être habilité à professer dans l’enseignement en France.
Les parents et les grands-parents ne sont plus d’aucun secours: la plupart d’entre eux ne pratiquent plus la langue. D’autre part, il n’existe pas de manuels ou de méthodes de west-flamand permettant d’enseigner cette langue régionale à chaque niveau de l’enseignement primaire et secondaire. En effet, cette langue régionale, par définition, n’est pas standardisée et n’a ni orthographe uniformisée, ni grammaire standard. Elle ne dispose pas non plus de littérature ou de livres en west-flamand sur lesquels s’appuyer.
Le défi est donc de taille. Mener le projet à bien suppose non seulement des connaissances linguistiques suffisantes pour couvrir tout le cycle depuis les classes du fondamental jusqu’au secondaire, mais aussi un gigantesque effort intellectuel, financier et matériel. Cet effort ne pourra évidemment être consenti qu’au détriment des formations en néerlandais et de l’enseignement du néerlandais en immersion dont un intéressant projet pilote est actuellement en cours à Dunkerque.
Les partisans de l’enseignement du néerlandais n’abandonnent pas. Ils se sont regroupés au sein de la Fédération des langues germaniques (Alsace, pays mosellans et Flandre française). Le but est d’exercer ensemble à Paris la pression nécessaire afin d’obtenir pour la Flandre française les mêmes droits que ceux dont bénéficie l’Alsace, où, au terme d’un long combat, l’allemand a été reconnu comme langue régionale au même titre que le dialecte alsacien. La lutte engagée en commun vise à obtenir une reconnaissance analogue pour le néerlandais en tant que langue régionale en cohabitation avec le west-flamand.
Durant les prochaines semaines, les associations qui militent en faveur du néerlandais contacteront à la fois le ministère de l’Éducation nationale et les pouvoirs régionaux en vue de plaider pour l’octroi d’un statut régional au néerlandais.
Chez les habitants de la région frontalière s’observe aussi une nouvelle évolution consistant à envoyer leurs enfants à l’école de l’autre côté de la frontière
Les formations de néerlandais existantes constituent également une solution à la pénurie d’enseignants. En Flandre française, des dizaines de professeurs donnent déjà des cours de néerlandais. En principe, ces enseignants sont les mieux placés pour faire le lien entre le néerlandais et ses formes dialectales.
Chez les habitants de la région frontalière s’observe aussi une nouvelle évolution, aussi efficace que spontanée, consistant à envoyer leurs enfants à l’école de l’autre côté de la frontière, dans la région de Menin, Poperinge et Furnes. Ils peuvent y apprendre le bon néerlandais et, en même temps, entendre le west-flamand dans la cour de récréation.
Aucune information n’a filtré jusqu’à présent quant à une prise de position du gouvernement flamand en faveur du néerlandais en Flandre française. C’est ce que l’on appelle la diplomatie silencieuse de la Taalunie (Union linguistique néerlandaise). Le Premier ministre Jambon a eu récemment à Courtrai un entretien avec le vice-président des Hauts-de-France François Decoster. Le résultat le plus clair qui s’en est dégagé est que les deux parties semblent avoir pris la résolution d’apprendre à mieux se connaître mutuellement à l’avenir. Pour le reste, on n’en retiendra qu’un échange de badineries sur le patronyme flamand de l’homme politique de Flandre française et sur la consonance française du nom du ministre-président du gouvernement flamand. Le constat est amer: la politique culturelle flamande inclusive en ce début de XXIe siècle, pour ce qui est de la promotion de notre langue extra muros, se résume à une boîte vide, sans plus.
Cet article a d’abord paru sur Doorbraak.be.
19.01.2022