Op 21 januari 2022, drie jaar geleden, correspondeerde ik met Jean-Louis Marteel, specialist van de Frans-Vlaamse streektaal. Onderwerp van de discussie was: waarom kiezen voor het Nederlands in Frans-Vlaanderen? Ik zet hieronder alle elementen van het dossier nogmaals op een rij:
Onderstaand debat tussen Jean-Louis Marteel en mezelf werd gevoerd in het Frans. Ik heb de originele teksten niet vertaald en de reacties heb ik overgenomen in de taal gekozen door mijn correspondenten. Deze discussie bevat de voornaamste argumenten voor de formulering van onze eisen inzake Nederlandse taal en blijft daarom mee dan ooit actueel. Samengevat: de Franse overheden moeten de Nederlandse taal erkennen als een regionale taal in Frans-Vlaanderen naast het Frans-Vlaams.
Wij hopen dat de Frans-Vlaamse verenigingen binnenkort een initiatief gaan nemen in die zijn richting de officiële instanties van de Hauts-de-France. Eveneens hopen we dat aan Vlaamse kant in Brussel meer steun komt om deze eisen kracht bij te zetten. Het Nederlands is de standaardtaal, en het bindend element en continuüm van al onze streektalen sinds Keizer Karel. In die zin is het Nederlands evenzeer als de dialectische vormen ervan onze historische moedertaal.
Een bericht van/ Un courriel de Jean-Louis Marteel :
‘Ceux pour qui le flamand n’est pas leur langue maternelle ne comprennent pas l’attachement viscérale des flamandophones à la langue de leurs parents et le rejet de tout autre substitut, fût-il le Algemeen Beschaafd Nederlands, qui est certes « beschaafd », c’est-à-dire une belle langue, mais qui pour eux n’est « gemeen » qu’entre la « Hollande » et la Belgique.
C’est ma langue maternelle flamande (une des grands-mères du néerlandais) qui m’a donné envie d’apprendre le néerlandais et je m’en réjouis mais « une langue régionale » ne peut être qu’ « une langue maternelle. » et le néerlandais n’est pas ma langue maternelle.’
Jean-Louis Marteel
Het antwoord van/ La réponse de Wido Bourel:
‘Mes parents étant, comme les tiens, de langue maternelle flamande, je partage ton attachement ‘viscéral’ au flamand occidental parlé. Tu omets cependant de dire que la version écrite de notre flamand fut depuis toujours le néerlandais des époques correspondantes, et ce, depuis Michel de Swaen et Andries Steven, jusqu’à nos derniers rhétoriciens au début du 20ième siècle. Il suffit de consulter les travaux de linguistes éminents tels Cyriel Moeyaert, Hugo Ryckeboer, Frans de Brabandere, Piet Paardekooper et Cor van Bree pour le savoir.
Le néerlandais moderne représente le continuüm en ligne directe du flamand occidental de nos ancêtres. Le néerlandais se doit donc d’être reconnu langue régionale au même titre que le flamand occidental comme c’est déjà le cas pour l’allemand et l’alsacien. Il mérite aussi l’appellation ‘langue d’intérêt régional’ puisque nos voisins, flamands de Belgique et néerlandais sont les premiers parmi les ‘étrangers’ à faire vivre notre région, à raison de près d’un million de visiteurs par an.
Les Flamand de France ne sont pas seulement d’hier mais aussi de demain : le néerlandais leur permettra non seulement d’accueillir leurs voisins proches et de développer le tourisme et l’économie régionale, mais aussi d’étudier et de travailler en Flandre belge. Chercher querelle au néerlandais pour défendre le flamand occidental est du même niveau que faire la guerre au flamand occidental pour défendre le néerlandais. Les deux sont condamnés à s’entraider pour survivre ou à disparaitre dans notre région.’
Wido Bourel
En de reacties van mijn lezers/ Et les réactions de mes lecteurs :
-Frank Allacker, leraar Nederlands, Broekburg:
“ (…) Le néerlandais, c’est la langue culturelle des Flamands de France – historique, c’est à dire étrangère de prime abord mais avec de solides motifs historiques et culturels de la considérer comme langue régionale, devenue artificiellement étrangère (…)’’
-Karel Appelmans, voorziter Euvo, Brayduinen:
“Prachtige reactie. Mooi verwoord.”
-Dorian Cumps, hoofddocent aan de Universiteit van Paris IV-Sorbonne, afdeling Nederlands, Parijs:
“Excellente réponse, je partage complètement votre point de vue !
-Jaak Fermaut, ereleraar Nederlands, Bierne:
“Je hebt overschot van gelijk! “
-Xavier de France, Kales :
“Bien dit, Wido.”
-Patrick Kleinclaus, ex-“chef de la mission langue et culture régionales au Conseil Général du Haut-Rhin’’, Colmar :
Bravo pour ton texte.
Aux raisons linguistiques s’ajoutent celles de la faisabilité dans un contexte scolaire (au demeurant peu réceptif:) celles d’un dialecte sont quasi-inexistantes: pas littérature abondante et contemporaine, pas de littérature enfantine ou pour adolescents, pas de radio , ni de canaux de TV dédiés émettant pour tous les publics, aucun manuel existant du CP au baccalauréat que ce soit pour la lecture, les mathématiques, la musique, la géographie, les sciences, les technologies, pas de presse quotidienne , hebdomadaire ou mensuelle, très peu de locuteurs en âge d’enseigner et alphabétisés dans le dialecte, peu de familles d’immersion possibles utilisant encore le dialecte d’une qualité suffisante, pas d’université pour former les maîtres des disciplines du second degré à enseigner dans la langue. Par contre il est possible de familiariser des bilingues français/néerlandais à comprendre le dialecte qu’est le flamand occidental et à l’utiliser s’ils sont dans un cadre familial ou social qui le pratique que ce soit en Belgique ou en France. Par ailleurs le concept d’utilité joue un grand rôle dans les comportements linguistiques et celle du flamand occidental est bien faible face aufrançais, àl’anglais ou au Néerlandais qui possède tous les atouts qui font défaut au flamand occidental : médias, manuels, cinéma, Tv, universités, familles de séjour linguistique, outil professionnel majeur et continuum linguistique.
-Myriam Minnekeer, ‘La Griffe au Lion’, Kassel :
‘’J’aimerai toujours tes interventions pleines de bon sens.’’
-Jean-Paul Pladys :
(…) ‘’Faisons en sorte que dès les premières années les enfants se mettent au néerlandais (…). Ensuite pour les bonnes têtes, initions-les au flamand de nos grands-parents (…)’’
-Gijs van Ryckeghem (+), priester, Waregem:
“Je beantwoordt op een doeltreffende manier de goedbedoelde, maar toch kortzichtige bewering van Jean-Louis Marteel.”
-Bruno Nicolas Schraen Vanpeperstraete, lyrische zanger, Koudekerke:
“ (…) L’apprentissage du néerlandais a sauvé le peu de West-Vlaams que je connaisse et plus je progresse en néerlandais mieux je comprends le sens du flamand (…)’’
-Damien Top, voorzitter Andries Stevenkring, Bavinkhove:
“Percutante réponse.’’
-Henri Vaassen, gewezen voorzitter van het Huis van het Nederlands, Belle:
« Bravo, Wido, 100% d’accord… »
-Eric Vanneuville, historicus en schrijver, Belle:
‘’ (…) Oui, le flamand occidental bien conservé en Belgique doit être protégé en France où il risque de disparaître, notamment parce que, à la différence de ce qui se passe en Belgique, il ne bénéficie pas du bain quotidien avec la langue néerlandaise. En France, évidemment, ce bain est francophone.
Oui, le néerlandais représente un élément non négligeable dans le fonds littéraire et documentaire de toute la Flandre, y compris en France jusqu’au début du 20e siècle. Mes nombreuses lectures de textes anciens m’en ont persuadé. Au demeurant sa parenté avec le flamand est telle que l’historien, francophone ou néerlandophone, peut avoir l’intime conviction que lorsqu’il lit des textes anciens, lui est fort utile sa connaissance d’un néerlandais dont on ne peut donc claironner que c’est une langue étrangère. Et que dire des études sur l’Histoire et la Géographie de la Flandre publiées en Néerlandais par d’éminents scientifiques de Flandre belge !
Quant à l’intérêt régional du Néerlandais, langue officielle de la Région Flandre en Belgique, il est tellement évident que les travailleurs de Flandre en France, même francophone en sa majeure partie, ne peuvent que trouver profit à l’apprendre. Les exemples de réussite ne manquent pas (…)’’
-Alain Walenne, geograaf en publicist, Santes en Weppe :
‘’Très bien répondu.’’
21.01.2025