Oui au flamand. Le cas d'Herzeele

Le cas de Herzeele

Pour répondre à un des nombreux courriels reçus concernant la charte bilingue  de l’Institut Régional de la Langue Flamande/ Akademie voor Nuuze Vlaemsche Taele (ANVT), je voudrai d’abord faire remarquer que la Flandre dite française peut très bien « être authentique » sans utiliser  une orthographe archaïque. Vlaanderen n’est pas moins du flamand/néerlandais que Vlaenderen ! Les Flamands de France veulent renouer avec leur plus lointain passé sans être d’hier, et en ayant la volonté de vivre, de décider et de travailler dans la Flandre du XXIème siècle.

Sala germanique

Nos correspondants m’interrogent sur le cas de la commune de Herzeele, flamandisée en Herzel.

Le toponyme Herzeele ne pose pas de problème particulier: il se compose de deux éléments qui dans toutes les langues germaniques ont les mêmes racines et les mêmes significations :

  • ‘Her’ ou ‘Heer’ = armée, que l’on observe également dans les mots herberg (auberge), hertog (duc), dans le français héraut, et dans les prénoms Herbert, Herman, etc.
  • ‘Zeele ou ‘zele’ = sala, une salle, ou habitation d’un seul tenant pour abriter les hommes et les animaux, ici un groupe ou une force armée. On retrouve toutes sortes de variantes dans nos bas pays près de la mer : zeele, zele, sel, selle, zaal, etc.

Herze(e)l +e = Herzele

Les sources mentionnent Hersela(1085). La cartographie est cohérente malgré sa diversité orthographique: une carte  de Théodore de Bry (1528-1598), visionnaire mentionne Herzele … au 16ième siècle ; celle de West-DietsVlaanderen dessinée par Willem Blaeu (1635) note Hersele; et Johan Blaeu Heersele sur la carte de l’évêché de Ypres  (1662).

Si la signalétique bilingue n’est pas une obsession jusque dans l’absurde, on pouvait très bien laisser Herzeele comme version historique parvenue jusqu’à nos jours. Comment flamandiser un nom aussi flamand ??? Fallait-il à tout prix gaspiller l’argent du contribuable ? Mais, si nous jouons le jeu, c’est bien entendu Herzele, qui combine l’histoire à l’orthographe du XXIème siècle, qui s’impose.

Comment alors expliquer le choix de Herzel ? On me dit qu’il a été influencé par le nom d’une politicienne du cru à qui on a voulu faire plaisir. Faut-il pleurer, faut-il en rire ? J’écrivais dans mon article sur Kaaster/Caestre que la signalétique bilingue de l’ANVT tournait à la farce : Herzel en est la parfaite illustration.

La préconisation du cercle Andries Steven: c’est bien Herzele et non Herzel qu’il fallait choisir. L’ANVT, qui fait joujou avec la toponymie flamande en remerciements de services rendus par la politique, doit être responsabilisée pour ses actes. Je propose qu’elle remplace gracieusement la nouvelle signalétique marquée Herzel pour la remplacer par HERZELE. Ceci ne posera pas de problèmes puisque l’ANVT touche des subsides conséquents de ces mêmes politiciens.

Wido Bourel

Vice-président du Cercle Andries Steven Kring

Auteur du livre Olla Vogala, histoire de langue des Flamands, en France et ailleurs paru aux éditions Yoran Embanner.