Het Wilhemus in het Frans

De Vlaamse Leeuw in het Frans inspireerde een van onze lezers om ons Het Wilhelmus, de nationale hymne van Nederland, eveneens in het Frans te bezorgen.

Deze vertaling met naamdicht dateert uit 1582:

Wilhelmus van Nassouwe (Het Wilhelmus)

Paroles en français, source de 1582 - avec acrostiche

Guillelmus lon m’appelle
de Nassau saus remord;
la patrie fidelle
seray iusqu’à la mort;
ie suis Prince d’Orange
francq et sans nulle peur,
i’ay faict au Roy d’Espaigne
toute ma vie honneur.

Vivant en bonne crainte,
Dieu suivre fay debvoir;
pourtant faut par contrainte
hors mon pays me voir;
mais Dieu par me conduire
comme un bon instrument,
me fera tout reduire
en mon gouvernement.

Instamment en souffrance
ne serez peuples miens;
ayez donc esperance
en Dieu gardant les siens;
et qui à luy s’adonne,
le prie nuict et iours,
que sa force il me donne
pour estre leur secours.

L’Eternel peult cognoistre
si de mon bien et corps
ne vous ay faict paroistre
iusqu’à mes freres forts:
le Conte Adolf en Frise
mourut en combatant,
son ame és cieux transmise
le dernier jour attent.

Ayant ma progenie
des grands nobles empereurs,
suis de la Germanie
un des esleu seigneurs;
parquoy sans crainte ou doute
de Dieu tiendray la loy,
voire tant qu’auray goute
de noble sang en moy.

Mon bouclier et defence
c’est toy, mon Seigneur Dieu,
sur toy i’ay esperance,
conduis moy en ce lieu,
a fin qu’en ton service
ie demeure constant,
et dechasse le vice
du cruel inconstant.

Enten moy et me garde,
mon Dieu, encontre tous
qui apres moy font garde,
car ie suis ton serf dous;
garde moy de l’outrage
des tirants inhumains,
et qu’en mon sang leur rage
ne lavent, et leur mains.

David fut mis en fuite
par Saul le tirant;
aussi ay-je eu poursuite,
du danger me tirant
avec maint gentil-homme;
mais Dieu l’a relevé,
luy donnant le royaume
d’Israel eslevé.

Estant d’angoisses quitte,
recevray la vigueur
de mon Dieu, qui m’aquite
de misere et langueur;
voila pourquoy desire,
comme un bon campion,
de mon corps au camp gire
pour regner en Sion.

N’estoit que ie vous aime
o noble Pays bas,
pas ne feroy d’estime
de vous voir mis au bas;
mais l’Espagnol vous gaste
o bon pays du Roy,
o nations ingratte,
mon coeur pleure d’esmoy.

Attendant la bataille
comme un prince romain,
mes gents en plain camp baille
pres Mastrecht, ou soudain
le tirant, par grand crainte,
son camp a remparez,
ou mes reytres emprainte
trotter en plain terrez.

S’il eust esté à l’heure
de Dieu la volonté,
sans plus longue demeure
du joug vous eusse osté;
mais le Dieu debonnaire
qui tout à ordonné,
ne vous voulut complaire;
gloire luy soit donné.

Si comme un noble Prince
tousiours estois poussez,
or qu’angoisse m’advince
nen futz oncq repoussez;
mais prenant patience
i’ay prié l’éternel,
faire innocence,
cognoistre que suis tel.

Adieu mes brebiettes,
ne vueilles sommeiller;
combien qu’esparses estes
le pasteur veut veiller;
vueilles donc tout ensuivre
Iesus Christ le parfaict;
des paines d’icy vivre
tantost serons deffaict.

Un jour devant la face
de Dieu feray paroir
que ie n’ay par audace
rien faict de mon voloir;
mais mon Dieu me commande
d’executer sa loy,
voila pourquoy me bande,
ne mesprisant le Roy.