Identiteit

Mijn favoriete definitie van de identiteit is deze geschreven door de Franse essayist en filosoof Alain de Benoist in zijn boek Nous et les autres (Krisis, 2006):

"Une erreur très commune consiste à définir l’identité comme une essence fondée sur des attributs intangibles. Or l’identité n’et pas une essence ou une réalité statique. Elle est une substance, une réalité dynamique, et à ce titre elle constitue un répertoire. N’étant pas une donnée homogène, continue, univoque, elle ne peut être pensée que dans une dynamique, une dialectique, une logique de la différence toujours confrontée au changement.

L’identité ne dit pas seulement la singularité ni la permanence de cette singularité. Envisager l’identité à partir de la notion de continuité conduit en effet à en percevoir rapidement les limites : la continuité inclut aussi le changement, tout comme la définition de soi implique le rapport à l’autre. "Ce que nous sommes ne peut jamais épuiser le problème de notre condition, parce que nous sommes toujours changeants et en devenir", souligne Charles Taylor. Ce qui veut dire que nous sommes avant tout ce que nous sommes devenus, et que c’est sur cette base que nous nous projetons vers l’avenir. Il n’y a donc pas d’identité sans transformation, l’important étant de ne pas poser ces deux termes comme contradictoires. Comparaison organique : aussi loin que je remonte dans mon existence, mon corps a toujours été mon corps, et pourtant les cellules qui le composent ont été renouvelées plusieurs fois. Il n’en va pas autrement des cultures et des peuples. L’idée juste n’est pas que les peuples "restent toujours les mêmes" au travers des changements et des mutations formidables qui affectent leur histoire, mais qu’ils ont une capacité spécifique d’affronter ces changements et de se transformer eux-mêmes. La permanence n’est donc pas tant dans l’identité que dans l’instance qui définie et attribue cette identité. L’identité n’est pas ce qui ne change jamais, mais au contraire ce qui nous permet de toujours changer sans jamais cesser d’être nous-mêmes."